J'ai recopié un petit poême écrit, il y a un certain temps, par une personne originaire de Vallières qui avait une "plume" remarquable... A vous de juger !!!
Vallières-les-Grandes, vieux bourg du pays Blésois ...
Vallières, mon pays dont j'ignore l'histoire
Je suis né sur ton sol, agréable séjour,
Où je vis simplement, sans richesse et sans gloire,
Ayant pour ton terroir un attachant amour.
Des haches en silex, puis une grotte ancienne,
Prouvent que tes grands bois ont connu tes aïeux
A l'époque aujourd'hui dite « moustérienne »,
Témoins insuffisants pour te connaître mieux,
L'église où ta croyance aux choses vénérables
Te fais aller prier et pratiquer ta foi
En un monde plus beau dont le Christ est le roi ;
J'aime l'étroit bassin où coule ta fontaine,
Où naguère, selon une habitude ancienne,
Le passant entendais le bruit sourd du battoir,
Et les langues marcher du matin jusqu'au soir.
J'aime ton bourg peuplé d'une centaine d'âmes
D'où les jeunes s'en vont en se moquant des blâmes ;
J'aime ton vieux clocher émergeant du vallon
Et sa flèche où, de loin, son coq sert de jalon.
J'admire ta mairie à la blanche façade,
Tes tilleuls ombrageant ta courte promenade.
Tes toits mals alignés et manquant de trottoirs
Où tes vieillards, comblés dans leurs plus beaux espoirs,
Coulent des jours heureux loin des bruits de la ville
Où des greniers sans feu seraient leur domicile.
J'admire la vallée abritant ma maison ;
La ceinture de bois, bornant ton horizon,
Ton long ruban de prés, où coule une rivière.
J'admire au loin tes champs, et les belles moissons
Dont les restes, l'hiver nourrissent les pinsons.
J'admire tes coteaux qui sont couverts de vignes,
Dont les ceps en tous sens, forment de droites lignes.
J'aime les lieux, qui font ton beau panorama
Et dont les jolis noms, s'écrivent sans tréma.
J 'aime les habitants, à l'âme pacifique
Qui ne partagent pas la haine politique !
Qui labourent la terre et produisent le pain
Et la chair pour manger et, pour boire le vin.
J'aime ton doux climat atténuant l'envie,
Ton coin où j'ai passé paisiblement ma vie.
J'aime surtout l'enclos où reposent les morts.
Où les mauvais « coucheurs » font oublier leurs torts
C'est là qu'avant longtemps, je vais joindre ma mère,
Mon père, et mes aïeux, maintenant en poussière,
Attendre mes suivants, tous ceux qui me sont chers
Et qui continueront d'habiter « l'univers ».
Apollinaire Jamain
- octobre 1958 -